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La grossesse au Sénégal : rencontre avec des (futures) mamans

14 juin 2013

Marion, la globe-trotteuse d’Omum et aussi pharmacienne dans la vraie vie, est partie à la rencontre de mamans sénégalaises lors de son voyage dans la région du Siné Saloum, à 250 kilomètres au sud de Dakar. Elle nous livre les beaux témoignages qu’elle a recueillis.

« Après quelques kilomètres de charrette, me voilà à la rencontre d’une future maman du monde et de jeunes mamans sénégalaises, dans des villages avoisinant le campement Fadidi Niombato.

Sierra, 21 ans, enceinte de son 3ème enfant – village de Limane

Sierra éprouve des difficultés à décrire sa grossesse. Pour l’instant, elle n’a pas vu
« ce qu’il y avait dans son ventre », néanmoins elle ressent son bébé bouger. Ma question sur une éventuelle préparation à l’accouchement suscite chez Sierra un éclat de rire, n’ayant jamais entendu parler de cela. Son époux est absent, il n’habite pas au village, car il travaille loin. Il ne partage donc pas la grossesse avec sa femme. Au moment de l’accouchement, Sierra partira en charrette pour se présenter à l’hôpital de Sokone avec la sœur de son mari. Le retour au village se fera le lendemain, en charrette également. Son mari rentrera au moment du baptême de l’enfant soit 7 jours après la naissance du bébé. Sierra utilise du beurre de karité qu’elle étale sur tout le corps. Pendant ses grossesses, elle a une envie de calcaire et de sable, ce qui change des envies de fraises des françaises !

Bouri, 20 ans, jeune maman d’un petit garçon de 4 mois, son 3ème enfant – village de Limane

Bouri associe la préparation à l’accouchement aux visites bimestrielles à l’hôpital de Sokone à quelques kilomètres de son village. Elle en repart à chaque fois avec une ordonnance et des notions sur les travaux à limiter (par ex : porter une charge lourde) pour éviter de blesser le bébé qui est dans son ventre. Son mari l’accompagne à chaque fois, c’est lui qui paie les ordonnances. Pour une femme enceinte qui n’a pas de belle-mère, c’est au mari de l’aider dans les travaux quotidiens. Il ne pourra pas assister à l’accouchement. Au Sénégal, toutes les femmes qui accouchent sont réunies dans une salle, et les hommes n’y sont pas admis.

Emde, 32 ans, jeune maman d’une petite Fatou âgée de 4 mois, son 7ème enfant – village de Badoudou

Après sa grossesse, Emde souhaite maintenant se reposer et ne plus avoir d’autres enfants. Elle compte d’ailleurs aller au planning familial. Pour Emde, la préparation à l’accouchement consiste à laver les pagnes à l’aide d’un savon spécifique. A la naissance, le bébé sera enveloppé de ces pagnes, ou alors portera des vêtements. Chaque fin de mois, des personnes de l’hôpital viennent au village rendre visite aux femmes enceintes (au nombre de 15 pour la dernière grossesse d’Emde), pour leur donner des conseils sur l’accouchement, l’alimentation à privilégier pendant la grossesse, comme par exemple le couscous, et celle à limiter comme le riz, le café et le thé. Il existe aussi des « matrones » – marraines de quartiers – habitantes du village, qui pourront faire accoucher les femmes dans le cas où l’hôpital ou la case de santé soient trop loin. Ces femmes bénévoles ont suivi au préalable une formation à l’hôpital. Emde se masse le corps avec une crème. La petite Fatou a été changé « de couche » et de tenues quatre fois pendant la journée de 9h à 18h que nous avons passé ensemble. Sa maman l’a même allongée sur le lit parental pour lui faire faire la sieste. Pendant ses sept grossesses, Emde avait elle aussi une envie de sable, ce sable blanc et sans grain en provenance du Mali s’achète au marché. »

Merci à notre globe-trotteuse pour ces beaux témoignages qui donnent envie d’explorer le monde !

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2 Commentaires

  • Répondre une Toubab à Dakar 19 juin 2013 at 15 h 39 min

    Joli témoignage , au Sénégal on ne parle pas beaucoup de la grossesse , des envies des femmes . le sujet est tut même lorsqu’on voit le ventre des femmes de la famille s’arrondir.
    J’ai accouché de ma dernière à Dakar après deux accouchement en France et déjà en clinique c’est diamétralement opposé à ce que l’on pratique en France !!

    • Répondre Omum 21 juin 2013 at 9 h 49 min

      Merci pour ce beau commentaire !

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