Petites actualités d'Omum

Omum, une histoire de voyages

8 mars 2019

Vous savez que l’aventure Omum a débuté par un voyage … un voyage autour du monde de 14 mois, sac au dos, pendant lequel j’ai rencontré de nombreuses femmes inspirantes : malmenées mais fortes, démunies mais riches de leurs principes de vie, de leur volonté, de l’amour qu’elles portent à leurs proches.

Cette semaine, le monde entier célèbre la femme, fait l’état des lieux de leur apport à la société, des inégalités qui les frappent, de leurs talents et des violences qu’elles subissent. Pour ma part, j’aimerais aujourd’hui vous présenter Pema, Renulama et Sashi, 3 femmes incroyables à l’autre bout de la planète, qui vivent et travaillent avec passion, subissent des coups du sort sans jamais courber l’échine, et dont la capacité de résilience et la propension au bonheur sont autant de leçons pour nous, enfants gâtées des pays occidentaux.

Je vous livre donc quelques extraits du carnet que j’ai écrit pendant mon voyage…

 

PEMA, Kagbeni, Hymalaya (Népal)

Peema1

D’origine tibétaine, la famille de Pema appartient au groupe éthnique des Thakuris, la plus haute caste de l’ouest du Népal.

30 ans, déjà 3 enfants, excellente cuisinière et toujours gaie, Pema nous a offert de précieux échanges et sa vision pertinente des modes de vie occidental vs himalayien. Elle a eu la chance d’aller vivre aux US pendant 5 mois, “parrainée” par une amie américaine qu’elle avait elle-même hébergée pendant 3 ans à Kagbeni, pour le suivi d’une grossesse très difficile qui n’aurait pu être prise en charge au Népal. Elle a observé la vie quotidienne américaine et nous en a livré ses impressions : “Tout le monde a des grosses voitures et des grandes maisons mais les personnes âgées sont seules et tristes. Les enfants manquent de respect à leurs parents et tournent mal alors qu’ils sont encore très jeunes. Ici dans la montagne nous nous entraidons. Voisins, famille, les personnes âgées ont toujours leur place près du foyer pour parler, rire et manger. Ici nous aimons nos enfants, nous les chérissons, nous travaillons d’arrache-pied pour leur offrir des études à Pokhara ou Katmandou mais nous conservons l’autorité. Nous leur enseignons les bonnes manières et ils nous obéissent et nous respectent même à 18 ans ! L’argent n’est pas le plus important. Quand on meurt, on n’emmène ni sa voiture, ni sa maison avec nous ! Je suis heureuse d’être allée aux Etats Unis pour observer la culture occidentale. Je suis fière de notre mode de vie et ne voudrais en changer pour rien au monde ! Et je ne donnerai pas d’éducation occidentale à mes enfants. Il faut profiter de la vie avec ceux qu’on aime, et partager ce qu’on a.”

Et quand on vit 2 jours avec Pema et qu’on la voit s’occuper de ses enfants, de sa mère, de ses touristes, quand on l’entend rire, on se dit que certainement, elle est dans le vrai …

 

RENULAMA, Tal, Hymalaya (Népal)

Renulama2 Nous rencontrons Renulama à Tal, petit village établi dans une jolie vallée glaciaire suspendue où elle nous a hébergés. A quelques jours de marche de là, après avoir dépassé de splendides villages de pierre perchés dans la montagne (Upper Pisang, Ghyaru…), nous la retrouvons à Nagwal, où elle est venue rendre visite à sa mère, montée sur son petit cheval à la queue tressée et à la selle colorée.

Elle nous invite à pénétrer au cœur de la maison tibétaine : le foyer (qui n’est en fait que la partie principale de la pièce unique faisant office de cuisine-pièce à vivre-chambre, au-dessus de l’étable où sont abrités chevaux, mules et chèvres).

 

Renu nous offre un thé tibétain, curieux mélange de thé, de beurre de yak et de sel, et nous prépare avec beaucoup d’amour et de gaieté le meilleur Dal Bhat que nous ayons mangé jusque-là. Sur le lit voisin, sa mère âgée de 83 ans (et toujours alerte ! ça conserve l’air de la montagne…) égrène son chapelet au rythme des ‘Om mani padme hum’ murmures, en faisant tourner contre sa hanche son moulin a prière. Au cours de la soirée, amis et amies de Renu se succèdent pour s’asseoir auprès de feu un moment et siroter une tasse de thé. Partager cette tranche de vie quotidienne avec la famille de Renu est un des grands moments de notre trek. Une belle rencontre humaine, avec des gens simples, démunis mais très gais.

 

SASHI, Udaipur (Inde)

Sashi1

Dans la cuisine de Shashi, il n’y a pas l’eau courante. On va la chercher à la pompe commune, deux rues plus loin. Les recettes de Shashi sont exclusivement végétariennes, car Shashi appartient à la caste des Brahmanes (la caste la plus élevée), régie par des règles très strictes. Dans la cuisine de Shashi, on réalise beaucoup de plats par terre, assis à même le sol. Mais dans la cuisine de Shashi, on se régale, on discute et on rit !

Les mains dans la farine, Shashi nous a raconté un peu de sa vie, et nous a donné un nouvel éclairage de la vie indienne. Elle avait 31 ans quand son mari est mort. Contrainte par les règles de sa caste, elle a dû observer un deuil strict : 45 jours assise derrière la porte de la pièce principale de sa maison, couverte d’un sari, sans parler et sans manger de 6h du matin au coucher du soleil. Puis 1 an sans avoir le droit de sortir de chez elle. Elle n’a pas le droit de se remarier ou de retourner dans sa famille et ne peut désormais porter que des couleurs sombres. Sa belle-famille ne lui adresse plus la parole, ne partage plus ses repas et lui coupe l’accès commun à l’eau et à l’électricité. Son mari décédé, elle n’a plus de revenus. Pour nourrir ses fils, elle va donc en secret nettoyer les maisons voisines avant le lever du soleil, et lave le linge des Guest House du coin. Mais une femme de la caste des brahmanes n’a pas le droit de s’abaisser à ces menus travaux là.

Finalement, un touriste Irlandais qu’elle accueille dans sa maison lui donne l’idée de proposer des cours de cuisine. Effrayée, elle se lance pourtant sans connaitre un seul mot d’anglais. Les premiers touristes apprennent en observant ses gestes, et lui donnent en échange les mots anglais pour illustrer tout ça. Lorsque je la rencontre, 1 an et demi après, elle gagne sa vie, parle un bon anglais et s’est fait aider des touristes pour rédiger les recettes en 3 langues. Elle vit toujours dans le même immeuble que sa belle-famille, qui ne lui adresse toujours pas la parole.

Bref, Shashi nous a ouvert les portes des saveurs indiennes mais aussi de sa vie quotidienne, et on a passé un vrai très bon moment d’échange et de questions réciproques.

 

Voilà donc pour le récit de ces femmes qui m’ont inspirée et qui m’inspirent encore aujourd’hui. J’espère que vous aurez eu plaisir à le lire, autant que j’ai pu avoir plaisir à l’écrire, il y a maintenant quelques années. Et en cette semaine de la femme, je tiens à leur envoyer toutes mes pensées les plus positives.

 

Marie-Pascale

 

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1 Commentaire

  • Répondre Sonia Danse Prénatale 17 mars 2019 at 22 h 22 min

    Waouhhh magnifiques rencontres!! Merci de partager avec nous ces moments de vie, d’échange ou des choses indicibles se passent sans parfois avoir besoin de mots.
    Vive les voyages
    Sonia Danse prénatale

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