Grossesse, Rencontre avec...

Rites et coutumes autour de la maternité dans différentes parties du monde : Le rôle du futur papa

26 juin 2012

Découvrez cette semaine le 4ème article de Lise Bartoli.

Si la grossesse est avant tout une affaire de femmes, le papa a un rôle à jouer dans la plupart des pays du monde.

 

Les interdits alimentaires du futur papa

Dans plusieurs cultures, lors de la gestation, le futur papa doit faire attention à ce qu’il mange. Dans certaines ethnies de Nouvelle-Guinée par exemple, il ne doit pas consommer de lézard, d’anguille ou de serpent, au risque de voir le bébé périr. Cette superstition est due au fait que ces animaux qui s’enroulent autour de leur proie évoquent le cordon ombilical qui peut étrangler le bébé. A Taïwan, le géniteur ne doit pas manger de « chirurgien noir », le poisson préféré des morts, sous peine que le bébé ait des troubles d’élocution : en effet, on pense que les morts avalent ou répètent les syllabes.

 

Le comportement du géniteur

Beaucoup de cultures pensent que l’homme doit respecter certaines règles de conduite pour assurer la survie de la mère et du futur bébé. La règle qui prévaut dans la plupart des pays est le bon traitement de la femme enceinte. Au Gabon, si l’homme effraie sa femme (en la réveillant brutalement par exemple), on dit que le bébé risque de changer de sexe.

 

L’homme doit faire attention à ce qu’il touche et fait. Les Tins Damas en Nouvelle Guinée ne doivent pas tirer à l’arc ou utiliser de hache pendant la grossesse de leur femme sous peine de tuer l’enfant. En Asie, l’homme ne doit pas tailler de bambou, sinon le bébé naîtra avec un bec de lièvre. A Taïwan, si le papa tue un animal pendant la grossesse, le bébé aura une tâche rouge sur le front ; s’il tue un serpent le bébé sera condamné à ramper, si c’est un crocodile, il sera couvert d’écailles…

Tous ces interdits ont pour conséquence de placer le futur père en marge de la communauté et surtout des autres hommes, pendant la durée de la gestation. Il est en contrepartie impliqué dans l’attente de l’enfant et participe physiquement à la préparation de son arrivée. Cette gestation parallèle porte le nom de « couvade » : le papa porte en quelque sorte l’enfant dans sa tête. La couvade commence dès la conception, se prolonge jusqu’à la naissance et continue parfois jusqu’aux premiers pas de l’enfant.

Dans certaines sociétés, l’homme aura besoin de beaucoup de repos pendant la grossesse, pour transférer l’énergie ainsi économisée au bébé. Certains aborigènes d’Australie restent même couchés avant et après la naissance. On retrouve cette pratique également chez des Indiens d’Amérique du sud ou en Asie du sud-est.

 

Accouchement

Si le papa a un rôle important pendant la grossesse, il est souvent exclu au moment de l’accouchement. Chez les Diolas (tribu du Sénégal), le papa ne doit même pas être mis au courant de ce qui se passe pendant l’accouchement. Si des complications surviennent ou que le bébé ne survit pas, le père ne doit pas poser de question et ne connaitra jamais le déroulé des évènements.

En Asie, l’homme ne doit pas être présent car le sang de l’accouchée est impur et risquerait de le rendre impuissant. A Java, on dit que c’est au bébé de décider s’il souhaite ou non que son père soit présent pendant l’accouchement.

Dans certains pays, le papa doit participer à la douleur de sa femme accouchante : au Guatemala, il doit la soutenir par le bras pour se rendre vraiment compte de la douleur endurée. Au Gabon, on dit que les douleurs iront chercher le papa, qui est absent, afin de le prévenir que le bébé arrive.

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